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Un train de retard

Vous vous demandez pourquoi aujourd’hui je vous parle du site « un train de retard » site statistique sur les retards cumulés des trains en France, par jour, par mois, par année… Tout simplement parce qu’hier, j’ai mis près de 14 heures pour rejoindre Paris depuis Bayonne et que cela méritait bien un petit post agrémenté de photos.
Un voyage épique, ponctué d’événements qui ne seraient pas crédibles deux secondes dans un mot d’excuse pour son employeur: bienvenue à bord du TGV 8584 !

18h22:
Départ de Bayonne.

19h..:
Sommes à l’arrêt en gare de Dax. Police ferroviaire qui passe, repasse. On annonce une intervention des pompiers à l’arrière du train pour secourir un voyageur malade. Les cancans commençent: il y aurait eu une agression à Hendaye. Ça commence bien.

19h20:
Nous avons donc déjà une bonne demie heure de retard et repartons…

19h40:
Bloqués en voie de garage près de Morcenx, dans les Landes. Un train de fret est en feu devant nous, bloquant entièrement le trafic dans la région. Du jamais vu: on nous invite à aller nous dégourdir les jambes parmi les herbes folles des voies désaffectées. On entend au loin le village en fête, les fériés commencent. Nous sommes hélas non loin du train qui peut repartir d’un moment à l’autre. Au final, nous repartons après une bonne heure d’attente.

20h40:
On nous informe que notre retard est désormais de 4 heures… Compte tenu de la maintenance nocturne sur les sillons TGV, nous sommes déroutés sur la gare d’Austerlitz, par les voies classiques… Et que nous arriverons à 4h du matin! On rigole moins.

20h50:
Choc sous le train, freinage d’urgence, deux signes que j’ai hélas déjà identifié par le passé comme étant le dernier appel du suicidé. Si si, une personne vient de se jeter sous notre train! Tout le monde se regarde en rigolant (pauvre hère sous le train qui n’a pas rigolé), tant la situation est ubuesque. Une agression, un feu dans un train, un cadavre en morceaux… manque plus qu’une attaque d’indiens pour parachever le tout, comme dans les bon vieux westerns qu’on regardait jadis.

21h50:
Va et vient des ambulance de pompiers, de gendarmes … Forcément la procédure est longue, et retrouver la nuit tombant traces de la personne suicidée n’est pas une mince affaire. Je suis étonné du calme régnant à bord. Aucun signe d’agacement, RIEN. Du coup, je fais le mec cool et ne m’énerve pas non plus.

23h50:
Le train s’est brossé les dents… nous repartons. On nous annonce terminus à Bordeaux… Certains réservent déjà des chambres aux abords de la gare, d’autres partent en quête de bières dans la ville car le bar est d’ores et déjà dévalisé. On nous remet également des enveloppes pour notre réclamation de remboursement.

00h30:
L’hébergement se fera dans le train. Un pack ravitaillement n’ayant rien à envier aux rations militaires arrive, avec la mention « REPAS, pour mieux vivre l’imprévu jusqu’à destination ». Ils ont de l’humour! On nous propose une couverture polaire. J’aurai préféré un cache lumière: c’est Versailles dans les voitures.

00h45:
Notre TGV quittera Bordeaux à 4H du matin… pour emprunter les voies où les travaux de la nuit sont déjà terminés. Finalement, on rentrera à 300km/h. Je tente de dormir. Pas simple en boule sur un siège.

04h00:
Effectivement, nous partons pour faire une halte à Angoulême, non prévue, mais nous ne sommes plus à ça près.

07h45:
Arrivée à Montparnasse après un voyage de 13h30… Petit pack collation proposé. Je décline… trop envie d’une douche et d’un vrai café. Finalement, notre train de retard aura été l’un des premiers à arriver ce matin. Que demande le peuple? Prendre l’avion ?

Emmanuel Bris

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