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[Best of été] Redécouvrons les traboules

A l’heure des débats bouillonnants sur des solutions pour décongestionner les villes et faciliter les mouvements au cœur des agglomérations, un coup d’œil sur l’histoire permet souvent d’enrichir la réflexion. Retour aujourd’hui sur une innovation architecturale lyonnaise qui avait à l’époque proprement révolutionné les modes de déplacements urbains entre Saône et Rhône : la « traboule ».

Désignation typiquement lyonnaise la « traboule » trouve ses origines dans l’étymologie latine : transambulare qui signifie « passer à travers ». Malgré des origines remontant à l’antiquité la première référence écrite au mot date seulement de 1894. Une « traboule » est littéralement une voie piétonne, relativement exiguë qui traverse les immeubles pour relier directement une rue à une autre. Cette particularité architecturale, très spécifique au nord de la région Rhône-Alpes, est l’une des grandes curiosités touristiques de la ville de Lyon.

Il y aurait près de 500 traboules à Lyon, dont 230 dans le seul vieux centre-ville. Il en existe plusieurs variétés pour tous les goûts : directe, en angle, rayonnante ou à détours… de différentes longueurs et de différentes architectures. On retrouve les plus anciennes d’entre elles dans la vieille ville datant de la renaissance et construites d’après le modèle des villas gallo-romaines. La plupart des autres ont cependant été construites en même temps que les immeubles des ouvriers de la soie à partir du XVIIIème siècle.

Pour les fileurs de soie lyonnais, les traboules faisaient gagner un temps précieux dans le transport des grands rouleaux de soie en permettant de rejoindre les échoppes des marchands de tissus plus rapidement tout en évitant les intempéries.

Au-delà de leur fonction économique, les traboules font aussi partie intégrante de l’histoire de la ville dans ses heures les plus sombres. La célèbre « cour des Voraces », nommée après un groupe d’ouvriers révoltés, a été le théâtre de sanglants affrontements pendant les révoltes des Canuts de 1848 et 1849.

Les traboules ont également joué un rôle majeur dans la résistance à l’occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale. Les allemands ne connaissant pas le détail de ce dédale, elles étaient particulièrement propices aux réunions secrètes des résistants.

Le site www.lyontraboules.net revient sur l’histoire de ces traboules et propose des itinéraires de ballades pour découvrir ou redécouvrir les merveilles architecturales qu’elles abritent. En effet, ces parcours trop souvent délaissés par les riverains ont encore de nombreux secrets à dévoiler. Alors si vous avez l’occasion de vous promener dans le vieux Lyon ou le quartier de la Croix Rousse, ne les manquez pas !

Maxane Lindor, Louis Thomas

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Un trackback

  1. [...] du vivre et les dispositions infinies de l’habitat, régulier ou transitoire. Les passages et les traboules figurent cela fonctionnellement et concrètement. Si finalement la condition de l’homme était [...]

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