La mobilité la plus simple, la plus naturelle à l’homme, est celle qui lui est donnée par l’usage de ses membres inférieurs. Lorsqu’elle est agencée en nécessité par la motivation cette mobilité devient marche ou course à pied. Le sédentaire se pose souvent moult questions sur les raisons de ce vain déplacement, résumant sa pensée en un « pourquoi tu cours ? » beaucoup plus profond qu’il n’y parait. Bien que modeste pratiquant je ne saurais y apporter réponse. Elle appartient à chacun ; ou plutôt n’y a-t-il pas de pourquoi puisque ce n’est que pour penser.
Dans une nouvelle rubrique du blog, virgule expérientielle au milieu des contributions les plus professionnelles, nous tenterons de vous faire partager les affres de coureurs émérites, leur engagement, et au fond leur philosophie de la vie. Au fur et à mesure des mois nous suivrons le parcours d’un marcheur au long cours, d’un couple de coureurs à pied en vadrouille permanente et de deux cyclistes ayant tout lâché pour faire le tour du monde. En attendant leur retour et leurs premières contributions, je vous suggère la lecture du dernier ouvrage d’Haruki Murakami, « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond ». L’auteur, marathonien, triathlète, se plie depuis plus de trente ans aux rigueurs d’un entrainement très régulier, indispensable selon lui à la vie et à l’écriture. Son livre n’est pas qu’une métaphore, encore que…
Rendez-vous sous peu en rubrique « Respiration ».
Gérard Polo

3 Comments
Les membres inférieurs contribueraient-ils au fonctionnement des zones supérieures ?
Bien entendu. Plus l’entrainement est assidu et plus il engendre une élimination des toxines, donc favorise une meilleure circulation générale. Celle-ci peut se répercuter favorablement sur le fonctionnement des zones supérieures, le cœur à fortiori et aussi le cerveau; toutes les personnes pratiquant la course à pieds régulière, de fond notamment, conscientisant et surpassant la difficulté de certaines épreuves d’efforts à vaincre, peuvent au final bénéficier de bienfaits intérieurs, physique et mental, voire de développement intellectuel.
A l’origine, nous étions des chasseurs. Courir, c’était une question de survie. Nous n’avions pas d’autre choix, à moins d’être suicidaire ! Tout cela est sorti de notre mémoire, mais pas de nos gènes. Il est toujours en nous, le gène du chasseur, du coureur.
Avec le temps, nous sommes devenus sédentaires, gros et depressifs. (Vive le confort !)
En lisant votre article, j’ai pensé à un livre et à un film dont les héros sont des coureurs de fond. « La solitude d’un coureur de fond » du britannique Alan Sillitoe et « Cours Forrest, cours » avec Tom Hanks.
Forrest Gump, le héros du film, est un petit garçon « délabré », un « simple d’esprit », un handicapé. Il a mal au dos, il a mal partout. Sa vie commence comme un cauchemar. Mais il a « une mère suffisamment bonne », selon la formule des psys anglais, pour le propulser dans la vie. Elle est prête à tous les sacrifices. Elle lui dit : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait pas sur quoi on va tomber. »
Belle philosophie. Rien n’est jamais joué d’avance.
Un jour, Forrest se met à courir. Il court, il court, ça n’en finit pas. Il bouscule tout sur son passage, nos préjugés et notre paresse.
Depuis ce film, « when I’m feeling blue », comme on dit dans les chansons, je cours, je cours. Et je m’entends dire « cours Forrest cours »
Voilà pourquoi…..